Interventions en Afrique

> Niger

 

> Contexte général

 

Fiche d'identité (2006)

Superficie: 1 267 000 km²

Capitale: Niamey

Population: 13 millions d'habitants

Espérance de vie: 46 ans

Taux d'alphabétisation: 14,4%

PIB/habitant/an: 987 €

 

 

> Implantation de PRSF

 

 

Prisons où intervient PRSF

Implantation depuis 2003

16 prisons (Agadez, Birni N'Konni, Boboye, Daïkana, Dogondoutchi, Dosso, Gaya, Kollo, Koutoukalé, Madaoua, Maradi, Niamey, Tahoua, Téra, Tillabéri, Zinder) sur 33

Soit environ 3 745 détenus (rapport de mission mars 2007)

 

Nombre d'équipes terrain PRSF

16 dans les 16 prisons

 

Bailleurs de fonds

France, UNICEF, Union européenne

 

Prisons parrainées par des équipes-soutien

Niamey, Zinder

 

Prisons parrainées par le groupe GEPSA

Agadez, Birni n'Konni, Boboye, Daïkana, Dogondoutchi, Dosso, Gaya, Kollo, Koutoukalé, Madaoua, Maradi, Tahoua, Téra, Tillabéri

 

 

> Interventions achevées

 

Interventions réalisées ou en cours

Passage à la chaux des murs des cellules

Equipement d'infirmeries (Niamey, Zinder)

Jardins maraîchers (Agadez, Birni N'konni, Daïkana, Niamey, Téra, Tillabéri) 

Artisanat et formation professionnelle (Kollo, Maradi, Niamey)

Décret ministériel instituant les comités de gestion (avril 2005)

Diagnostic sur la prison de Niamey (2003)

 

Séminaires de formation organisés

Décembre 2003: Rencontre et formation des équipes-terrain et du personnel de l'administration pénitentiaire

Novembre 2004: La prévention des risques sanitaires en milieu carcéral

Septembre 2005: Les micro-projets productifs et leur pérennité grâce aux Comités de gestion

Septembre 2006: L'environnement judiciaire du détenu

 

> Actualités, interventions en cours

 

Extrait de la Lettre 23, mai 2007

Lors de la mission de mars 2007, nous avons visité 9 des 16 prisons parrainées par PRSF et vu réalisés des travaux importants dans nombre d’entre elles grâce au financement de l’Ambassade de France de plus de 65.000 €. Mise en peinture de cellules, construction d’infirmeries et de salles à usage multiple, création ou curage de fosses septiques, création de jardins maraîchers ont dynamisé les équipes de bénévoles et rendu visible l’action de PRSF pour l’humanisation des conditions de détention. La lutte contre la détention préventive abusive a porté ses fruits, la proportion du nombre de condamnés est maintenant supérieure à celle du nombre des prévenus. Hormis en matière criminelle, les jugements interviennent désormais le plus souvent dans les délais prescrits par la loi.

Sans pour autant renoncer aux actions menées jusqu’à présent, il faudra accentuer nos efforts sur la pérennisation des activités génératrices de revenus, notamment les jardins maraîchers, par l’animation des comités de gestion qui restent balbutiants. Surtout, un nouveau défi nous attend, faire diminuer le taux de récidive qui peut atteindre 80 % en matière correctionnelle, par la création d’ateliers à même de donner aux détenus volontaires des compétences exploitables dans l’économie locale à leur sortie de prison. Seul un savoir faire avéré permettra à ces hommes, jeunes pour la plupart, de retrouver leur place dans la société.

Christian et Gabrielle Mangin

 

Extrait de la Lettre 22, novembre 2006

Trois questions à… Christian Mangin, responsable-pays Niger à PRSF

Où en est PRSF au Niger ?
Prisonniers Sans Frontières est arrivé au Niger en mars 2003, à la demande du Ministère français des Affaires étrangères, qui lui a proposé de mener une mission diagnostic dans le cadre du Programme d’appui aux Réformes Judiciaires. Au-delà de l’expertise, nous voulions assurer une présence renforcée de la société civile dans les prisons. Douze équipes-terrain ont alors été constituées, elles sont seize maintenant, coordonnées localement par Daniel Thiombiano. Seize équipes, cela correspond à plus de cent bénévoles, qui agissent régulièrement dans la moitié des prisons nigériennes auprès de 4 000 détenus, soit plus de 70% de la population carcérale du pays.

Quels résultats ont déjà été obtenus ?
Concernant nos bénévoles, je me félicite des séminaires qui ont permis d’entretenir leur motivation et d’améliorer l’efficacité de leurs actions : le dernier a eu lieu tout récemment. Lors de ma mission d’avril 2006, j’ai pu constater de nombreuses avancées dans les domaines de la santé et dans la réalisation de micro-projets. Presque tous les établissements sont maintenant divisés en quartiers spécifiques, qui permettent de séparer les femmes et les mineurs des autres détenus. Dans plusieurs prisons, toutes les cellules ont été passées à la chaux. Quelques infirmeries, comme celle de Zinder, sont pleinement opérationnelles. Au moins huit jardins maraîchers apportent des compléments alimentaires précieux aux détenus, et des activités leur sont aussi proposées, notamment à Kollo (métallerie, menuiserie, stylos en bois peints) ou à Maradi (couture). Voilà du concret et de l’utile…

Que reste-t-il à faire ?
Le problème récurrent reste la surpopulation et la promiscuité qu’elle engendre, encore plus inquiétantes dans des locaux particulièrement vétustes (je pense à Daïkana), ou dans des zones de tensions entre communautés (Boboye) ; avec la réflexion menée sur la détention préventive, j’ai bon espoir que la situation s’améliore progressivement. La question de l’accès à l’eau et de l’évacuation des eaux usées reste encore très problématique à Daïkana, Niamey, Dosso, Birni-N’konni, et Tahoua. Il nous faut aussi veiller à ce que l’équipement des infirmeries devienne la règle et non plus l’exception. Toujours concernant l’hygiène, la ventilation des espaces de détention et l’entretien des sanitaires sont nos chantiers prioritaires pour les mois à venir.

Un dernier mot ?
Oui, pour dire le formidable engagement des équipes-soutien (à Paris, à Luzarches, et le groupe GEPSA) qui, par leur accompagnement moral et leur soutien financier, nous permettent d’agir efficacement pour l’amélioration des conditions de vie des détenus nigériens.