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Interventions
en Afrique
> Bénin
Fiche d'identité (2006) Superficie: 112 620 km² Capitale: Porto-Novo Population: 8 millions d'habitants Espérance de vie: 53 ans Taux d'alphabétisation: 33,6% PIB/habitant/an: 627 €
Prisons où intervient PRSF Présence depuis 1996, développement à partir de 2002 8 sur 8 (Abomey, Cotonou, Kandi, Lokossa, Natitingou, Ouiddah, Parakou, Porto-Novo) Soit environ 6 025 détenus (Rapport de mission février 2007)
Nombre d'équipes terrain PRSF 8 dans les 8 prisons
Bailleurs de fonds Belgique; Bourse Zoummeroff (administrée par l'Association Française de Criminologie); France; Guilde Européenne du Raid; Secours Catholique, UNICEF
Prisons parrainées par des équipes-soutien Abomey, Cotonou, Kandi, Lokossa, Parakou, Porto-Novo
Interventions réalisées ou en cours Construction d'apatam (Kandi, Parakou), aménagement de bassin d'alimentation en eau (Kandi), forage de puits (Parakou) Jardins maraîchers (Kandi, Lokossa, Natitingou, Ouiddah, Parakou) Construction d'une infirmerie (Parakou) Décret ministériel instituant les comités de gestion Alphabétisation (Parakou, Cotonou), artisanat (Abomey, Cotonou, Kandi, Lokossa, Natitingou, Parakou) Centre de transit et de réinsertion (Parakou) Reconstruction d'un lieu de culte multi-confessionnel (Cotonou)
Séminaires de formation organisés Juin 2003: Rencontre et formation des équipes-terrain et du personnel de l'administration pénitentiaire Septembre 2005: La création de jardins maraîchers et leur pérennité grâce aux comités de gestion Février 2007: Etendue et limites de l'action bénévole PRSF, acteur de la société civile, intervenant en milieu pénitentiaire et plus particulièrement auprès des mineurs incarcérés des huit prisons du Bénin
> Actualités, interventions en cours
Extrait de la Lettre 23, mai 2007 Agir avec l’UNICEF pour les mineurs en détention Du 7 au 9 février 2007 s’est tenu à Cotonou le séminaire de PRSF qui avait pour titre « Etendue et limites de l’action bénévole PRSF, acteur de la société civile, intervenant en milieu pénitentiaire et plus particulièrement auprès des mineurs incarcérés des huit prisons du Bénin. » Placé sous l’égide du Ministre de la Justice du Bénin, et plus particulièrement de la Direction de l’administration pénitentiaire, le séminaire a été cofinancé par l’UNICEF pour sa plus grande part, et par PRSF. Balbylas Gbaguidi, coordinateur national, s’est dépensé sans compter pour préparer ces journées qui ont, avec souplesse et pragmatisme, mêlé interventions de spécialistes, témoignages de professionnels et de bénévoles, le tout avec 50 à 60 participants très réactifs et déterminés pour améliorer la prise en charge des mineurs incarcérés, préparer leur sortie en liaison avec leurs familles, sans oublier les très jeunes enfants voire les bébés détenus avec leurs mères dans les quartiers de femmes des huit prisons du Bénin. Les membres des équipes-terrain, les assistantes sociales, les régisseurs, les représentants de l’UNICEF, du Programme alimentaire mondial (PAM), des administrations de la justice et de la jeunesse du Bénin ont confronté les objectifs de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE, ratifiée par le Bénin le 3 août 1990) avec les traditions béninoises en matière d’éducation, des évolutions sociales et des réalités familiales en milieu urbain, lors de travaux de sous-groupes ou au cours d’échanges informels sur le fonctionnement de la justice des mineurs, avec une grande franchise et une grande exigence pour que soit rendu aux enfants même incarcérés leur dû. En l’absence de renseignements statistiques, la situation a été appréhendée à partir des expériences de chaque équipe-terrain, des témoignages des régisseurs, et des interventions d’ONG ou d’une grande institution internationale comme l’UNICEF. La situation, très brièvement résumée, est la suivante : les mineurs sont séparés des majeurs, mais leurs conditions d’incarcération ne diffèrent pas sensiblement de celles des majeurs. Ils bénéficient toutefois de façon aléatoire des compléments alimentaires du PAM, de cours d’alphabétisation dispensés par des détenus alphabétiseurs ou des bénévoles PRSF, d’un apprentissage de petits métiers traditionnels (taillerie, vannerie), ce qui a d’ailleurs été critiqué comme ne les préparant pas à entrer dans une vie active moderne. Beaucoup de mineurs, qui ont un grand désir d’apprendre, sont encore analphabètes, « léthargiques » selon le mot d’une intervenante, et il est souvent difficile de retrouver leurs parents, malgré les efforts des bénévoles, des assistantes sociales, etc. Ni les soins médicaux, ni le déroulement de la journée, ni l’aménagement de l’espace ne sont organisés de façon spécifique. Des expériences très positives ont cependant été menées par l’administration de la justice pour créer des «espaces éducatifs». Malgré l’aide de l’UNICEF, ils n’ont pu être pérennisés. Quant aux bébés et aux jeunes enfants incarcérés avec leurs mères, leur sort n’est guère enviable : il manque un espace spécialement aménagé pour les nourrices, les conditions d’hygiène sont en général médiocres, malgré les efforts des autres femmes et l’aide apportée par les équipes-terrain. De son côté, l’administration de la justice ne dispose pas de moyens pour tenir compte des préconisations de la CIDE. Le Bénin ne compte que deux juges des enfants, et ce sont donc des juges d’instruction moins sensibilisés aux spécificités de l’enfance et de l’adolescence qui instruisent les dossiers. Le Bénin ne dispose que d’un seul barreau, celui de Cotonou, et l’aide juridictionnelle est inexistante. La brigade des mineurs est très accaparée par la situation des enfants abandonnés au Bénin ou victime de trafics, et le foyer de l’enfance de Cotonou ne dispose que de 37 places en internat. La tâche est donc énorme, complexe, mais les participants ont pris conscience que des améliorations sont possibles si les méthodes d’intervention des bénévoles se modifient. En effet, le temps du partenariat est venu, certes au niveau national, mais aussi au niveau local. Les membres des équipes-terrain ne peuvent savoir tout faire, leur composition évolue, leurs compétences aussi. Elles ont décidé de travailler avec d’autres associations locales, spécialisées dans différents domaines : alphabétisation, apprentissage, information juridique, liaison avec le tribunal, etc., le tout dans un esprit de dialogue avec les régisseurs. Marie-Françoise Petit Extrait de la Lettre 22, novembre 2006 Dans l’attente d’un financement
pour l’organisation d’un séminaire regroupant les équipes-terrain
et l’administration pénitentiaire, le coordinateur national Balbylas
Gbaguidi a organisé le 5 août 2006 à Parakou une journée de
formation à l’intention des responsables d’équipe. Ont été
notamment abordés les rapports avec les régisseurs, l’animation des
équipes terrain, le rôle du responsable et le point des activités. Du 12 au 16 septembre 2006, Monsieur et
Madame Zoummeroff ont visité 5 des 8 prisons du Bénin. A Parakou, le centre de transit et de rééducation
pour la réinsertion est maintenant opérationnel. Il va pouvoir
accueillir une dizaine de détenus après leur libération, pendant une
durée n’excédant pas une semaine. Pendant ce délai, ils seront pris
en charge et pourront reprendre contact avec la vie civile. Ce centre
permettra aussi d’organiser le retour dans leur pays des anciens détenus
de nationalité étrangère. Les prochains investissements à prévoir
vont porter sur le creusement de puits ou de forages dans les prisons où
l’eau est insuffisante, voire inexistante : il s’agit là
d’une priorité. |